Twitter Bloomberg
Ca n’a l’air de rien mais dans le monde de la communication financière, c’est une petite révolution. Bloomberg vient en effet d’annoncer qu’ils intègrent désormais les tweets dans les sources d’information gérées par leurs terminaux auxquels sont rivés tous les analystes et traders de la planète.
Cette annonce fait suite à la parution des nouvelles guidelines de la SEC (l’autorité des marchés financiers américaine) reconnaissant la valeur officielle des informations diffusées par les entreprises via Facebook et Twitter.
Alors que jusqu’ici la communication financière se montrait pour le moins frileuse -pour ne pas dire dédaigneuse- à l’égard des médias sociaux, l’irruption des tweets sur l’écran radar des traders risque de changer la donne. Longtemps en effet, les professionnels de communication financière cantonnaient les médias sociaux à un rôle anecdotique, sachant pertinemment que les investisseurs et analystes qui sont la véritable cible de toutes leurs attentions se fient d’abord aux dépêches et chiffres fournis par Dow Jones, Bloomberg et autre Reuters et qu’un Twittos doté de 50 000 followers pèse moins que l’analyste junior de 25 ans qui suit son entreprise pour le compte d’une petite banque d’affaires .
Désormais, ce même analyste, dont l’accès aux médias sociaux était sévèrement verrouillé par le firewall de la banque, pourra consulter directement les tweets concernant les sociétés qu’il suit, et même être alerté lors d’un afflux anormal de tweets mentionnant la valeur concernée.
“Bloomberg classifies tweets by company, asset class, person and topic, making it easy for institutional investors, traders, corporate executives and government agencies to track updates related to a specific industry or market, their portfolio holdings or an online personality. In addition to searching and tracking relevant financial tweets, users can also create alerts to monitor for unusual bursts of social media chatter about a company.”
Autant dire que la crainte du bad buzz au sein des directions de la communication risque de monter d’un cran et que la gestion au quotidien de l’e-réputation financière sur les réseaux sociaux va devenir un enjeu pour les directions Comm Fi, comme elle l’est devenue pour les directions marketing et corporate.
Pour autant, il serait contre productif de n’interpréter ces enjeux qu’au travers d’un prisme négatif ou défensif trop souvent associé au domaine de l’e-réputation. Il faut également y voir une opportunité de plus pour communiquer et échanger constructivement sur les réseaux sociaux pour faire connaître et partager l’activité de l’entreprise.
Sans avoir attendu Bloomberg, de nombreuses entreprises cotées ont su développé des stratégies proactives sur les médias sociaux, notamment à l’occasion de l’annonce de leurs résultats ou lors des Assemblées Générales. Twitter s’est doucement mais sûrement imposé ces deux dernières années comme un relais pertinent vis à vis de la presse économique et financière. L’utilisation croissante du Cashtag, l’équivalent tweet du symbole boursier, n’a fait qu’accélérer cette tendance . En intégrant Twitter, Bloomberg, de son propre aveu, ne fait donc que répondre à la demande croissante de ses utilisateurs. Autant dire qu’il va désormais falloir que les entreprises elles-mêmes prennent désormais en compte cette demande en n’oubliant pas que Twitter, comme la nature, a horreur du vide.
^S. Magniant
















