Thunderclap[1] est un nouvel outil digital qui encore une fois nous vient d’outre-Atlantique. Cet outil très prometteur pourrait bien révolutionner la mobilisation online et donner un coup de vieux à l’ancestrale pétition.

Thunderclap marque la naissance du crowdspeaking.
Qu’est ce que le crowdspeaking me direz-vous ? Le crowdspeaking permet le rassemblement de centaines d’internautes autour d’un même message délivré au même moment sur les réseaux sociaux (dans le cadre de Thunderclap sur Facebook et/ou Twitter). Cet outil a été conçu avec une philosophie bien précise : les individus sont plus à même de s’exprimer lorsqu’ils le font tous ensemble. Il part d’un constat très simple – dont nous avons tous fait un jour l’amère expérience – avec les médias sociaux : il est facile de s’exprimer mais il est beaucoup plus difficile d’être entendu et donc d’avoir un impact.
Thunderclap est donc une plate-forme d’un nouveau genre. Il permet à un message unique d’être diffusé à un instant T et d’émerger du bruit en créant un effet de masse sur les médias sociaux. Thunderclap s’apparente à un barrage, dont le niveau d’eau augmenterait progressivement et dont les vannes seraient toutes ouvertes au même moment pour permettre une déferlante. Thunderclap est ouvert à tous, particuliers, associations, annonceurs… Chacun peut librement créer son propre ThunderClap avec une seul règle commune : recueillir suffisamment de « supporters » pour que le message soit déclenché [3 niveaux – 100 supporters – 250 supporters – 500 supporters].
Cet outil s’inscrit dans une tendance des réseaux sociaux qui valorise la masse et l’immédiateté (exemple : les Trending Topics de Twitter qui valorisent tout autant la quantité que la montée soudaine de Tweets).
C’est par ailleurs un outil motivant, valorisant et basé sur un engagement faible :
1) L’évolution de la jauge d’engagement d’un Thunderclap incite l’utilisateur à souscrire et à ajouter sa pierre à l’édifice sous peine de voir l’opération échouée. Cet outil permet de créer un effet d’entrainement.

2) Chaque supporter peut ensuite pré-enregister son action (statut Facebook ou Tweet) et, moyennant une autorisation, laisser à ThunderClap le soin de publier sur son compte le jour J, en même temps tous les autres supporters inscrits.
3) L’utilisateur peut, une fois enregistré, visualiser son potentiel de prescription un peu à la manière de Klout.

Le coût de l’engagement pour l’utilisateur est encore plus faible que lorsqu’il signe une pétition en ligne, puisque son action n’est rendue publique que si et seulement si elle s’inscrit dans un élan collectif suffisamment grand.
L’ONU et des ONG l’ont utilisé conjointement pour la première fois lors de la Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire (19 août dernier) et le résultat a été au rendez-vous. Cet outil aurait permis de « toucher » plus d’un milliard de personnes sur les médias sociaux dans un laps de temps réduit.

Cet outil recouvre un potentiel certain pour les ONG/Causes tout autant que pour les annonceurs :
- Pour les ONG/Causes, c’est un nouvel outil qui pourra facilement être intégré à leur stratégie de plaidoyer. Thunderclap pourrait notamment être particulièrement utile aux petites structures qui ne bénéficient pas d’une base militante nombreuse. Avec un peu de subtilité, de plus en plus d’ONG pourraient se retrouver en Trending Topic sur Twitter. En utilisant, cet outil pour interpeler des entreprises ou des gouvernements aussi bien que pour sensibiliser sur des causes d’utilités publiques, ces ONG devraient pouvoir sans trop de peine mobiliser un nombre suffisant de supporters. En effet, en affichant clairement l’impact que pourrait potentiellement avoir une campagne Thunderclap encourage d’autres personnes à y participer et créer un effet boule de neige.
- Pour les annonceurs de belles opportunités s’ouvrent également à eux. Cet outil est particulièrement intéressant dans la perspective d’un événement marquant (aussi bien physique que symbolique). A l’occasion des JO de Londres on peut penser qu’il aurait pu être utilisé par les marques pour inciter les internautes à souhaiter « Bonne Chance » aux sportifs qu’elles sponsorisent. Pourquoi ne pas aussi l’utiliser pour des événements symboliques comme l’anniversaire d’une marque. Le genre d’événement à même de susciter un engouement suffisant auprès des ambassadeurs de la marque pour qu’ils acceptent de souscrire à un Thunderclap qu’elle lancerait. Par ricochet, il permettrait de valoriser la marque et d’augmenter sa visibilité auprès d’un public bien plus large.
Quelques bémols toutefois :
- Cet outil semble avoir été mal accepté à son lancement par Facebook et Twitter, et ce dernier avait même suspendu pour un temps l’accès à son API, certainement parce qu’il considérait que la masse de messages publiés dans un laps de temps très court correspondait à du spam. Un retour à la normale semble s’être opéré et l’outil fonctionne à nouveau.
- Il pourrait y avoir également un risque de lassitude de la part des utilisateurs sur le long terme pour ces Trending Topics artificiellement gonflés.
- L’outil n’est disponible aujourd’hui qu’en anglais et s’adresse donc majoritairement à un public Anglo-Saxon.
L’évolution de Thunderclap devra être suivie de près, car, à n’en pas douter, certains annonceurs ou associations ne devraient pas tarder à l’adopter pour canaliser le soutien de leurs ambassadeurs et optimiser l’impact de leurs campagnes sur les médias sociaux.
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